le créateur

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# Posté le mardi 31 mars 2009 20:45

berurier noir

berurier noir
Bérurier Noir (aussi appelé les Béru ou les Bérus, et abrégé BxN) est un groupe phare de la scène punk et alternative française des années 1980, composé principalement de deux membres : Loran à la guitare et Fanfan (François Guillemot) au chant, issu du mouvement des squats parisiens.

À la différence de la plupart des autres groupes de l'époque (excepté Métal Urbain et Warum Joe), ils n'ont pas de batteur. Le "troisième membre" du groupe est Dédé, qui est en fait la boîte à rythmes des Bérurier Noir. Olaf, l'un des membres de la toute première formation, (avant le concert de l'usine de Pali-Kao) fut plus tard membre de Ludwig von 88, un autre groupe marquant de la scène alternative des années 1980.

Dissout en 1989, le groupe s'est reformé temporairement entre 2003 et 2006.
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# Posté le mardi 31 mars 2009 20:50

la formation du groupe

la formation du groupe
Le groupe (composé d'Olaf, de Pierrot et de François) se forme en 1978 sous le nom de « Bérurier », en référence au personnage éponyme, adjoint du commissaire San Antonio des romans de l'écrivain Frédéric Dard. Leur style de musique s'inspire de celui de Métal Urbain : une voix, une boîte à rythmes et une guitare électrique saturée.

À leurs débuts, les « Bérurier » changent souvent de nom : ils s'appellent successivement « Bérurier rebelle », « Bérurier Véritable », « Bérurier Army », « Bérurier Moine », « Béruriers UTDM », « Bérurier Fighter », « Peste », « Barbelés », « Poli-Mili »...

Les membres du groupe changent aussi. Pierrot, le guitariste, est appelé sous les drapeaux, puis, ayant déserté, se voit contraint de faire un séjour en prison. Pour le remplacer, les Bérurier font alors appel au guitariste du groupe Guernica, Loran, qui rejoint bientôt définitivement le groupe. En décembre 1982, Olaf, parti également au service militaire, en Allemagne, annonce à François qu'il quitte le groupe. François et Loran décident alors de faire un concert d'adieu et de mettre un terme à la carrière des Bérurier. En signe de deuil, ils adoptent un nouveau nom : les « Bérurier Noir ». Le concert d'adieu se déroulera le 19 février 1983 à l'usine de Pali-Kao (une ancienne papeterie du XXe arrondissement de Paris qui accueille la frange la plus alternative des artistes parisiens). C'est lors de ce concert qu'ils se déguisent pour la première fois.

# Posté le mardi 31 mars 2009 20:56

première époque

première époque
Au lieu d'être un final, ce spectacle les propulse en avant. Après avoir signé avec un petit label (V.I.S.A.), le deuxième concert de Bérurier Noir a lieu dans la salle de La Roquette devant 1000 spectateurs. L'accueil est chaleureux et le groupe va jusqu'à reprendre trois fois Lobotomie pour faire plaisir à son public. Les Bérurier Noir s'illustrent dans un autre concert improvisé devant le Liberty's (une boîte branchée du quartier Latin de Paris). Suite à un désaccord avec le gérant de l'établissement, le groupe décide de jouer devant le club sur le trottoir. En effet, la boîte avait bouché les entrées d'air pour pousser à la consommation. La police arrive sur place mais le public ne les laissera pas s'approcher des Bérurier, qui continueront à jouer leur musique. On raconte qu'ils joueront quelques minutes avec leurs masques à gaz sous les gaz lacrymogènes.



Ensuite, le groupe enchaîne les concerts, légalement, dans des salles ou bien de manière « sauvage » dans des squats, dans la rue, dans le métro parisien, etc. Les membres du groupe passent la plus grande partie de leur temps dans des squats parisiens comme celui des Vilins à Belleville, et cette vie rebelle militante, se retrouve dans leur son « brut » incisif et tranchant et leurs textes rebelles, crus, violents, le groupe dénonçant l'injustice et incarnant sur scène par sa puissance artistique une sorte d'effervescence insurrectionnelle froide et contagieuse, qui deviendra par la suite plus festive... Leur réputation grandit très vite en France dans le milieu punk alternatif par le biais du bouche à oreille et des fanzines puis de leurs premiers vinyles, autoproduits par de petits labels punk qui commencent en même temps qu'eux : V.I.S.A puis Bondage Records. Ils arpentent fin 1984 les scènes étrangères (Amsterdam, Genève, Irlande) avec d'autres groupes alternatifs français.



Durant l'année 1985, Bérurier Noir entame une tournée dans toute la France, mais continue avec ses « mauvaises habitudes ». Les Bérurier organisent un concert sauvage sur un bus, le jour d'une manifestation pour les chômeurs. Leur défilé sera stoppé par la police de manière assez violente, puisqu'on en parlera dans la presse de l'époque ("Actuel" notamment).



François et Loran exercent d'autres activités en parallèle "pour manger". François est manutentionnaire au sous-sol du BHV et Loran animateur dans un centre de loisirs pour enfants à Torcy (en Seine-et-Marne).



En 1986, les Bérurier Noir commencent à passer en radio, l' Empereur Tomato-Ketchup fait un carton inattendu sur NRJ et séduit la frange la plus jeune du public. Cette soudaine notoriété apporte un nouveau public au groupe, qui se voit qualifier de "commercial" par une petite partie de son public. De plus en plus de monde se déplace à leurs concerts (47 dates cette année-là), et ils possèdent même leur propre service d'ordre. En 1987, ils continuent leurs concerts, jouent dans divers festivals indépendants, à Rock in Squatt et participent même à un concert organisé par SOS Racisme. Leur carrière a toujours été marquée par des positions radicalement antiracistes. En 1988, ils organisent un concert devant 6800 personnes au Zénith. Les Bérurier sont alors plus nombreux, ils ont entamé peu à peu une transformation festive tout en gardant la tension froide de leurs débuts, empruntant sur scène des éléments au cirque, mêlant à leurs déguisements grotesques habituels des nez de clowns, et sur disque ajoutant des sifflets et des instrumentations orientales aux sirènes de police, mélangeant le punk destroy et l'ambiance « fanfare » sur l'album Abracadaboum. Pour créer cette version « Circus », ils ont été rejoints par des membres d'autres groupes. Sur scène on trouve François, Loran, la petite Titi, Helno, Paskal Kung-Fu, Masto, les frères Lulu, Jojo et un magicien. En matière de rock français, seuls Téléphone et Indochine avaient réussi à remplir la salle avant eux.



Le 20 avril 1988, les Bérurier se voient décerner le Bus d'Acier (un grand prix du rock français) par une presse qui les a quasiment ignorés ainsi que tous les groupes alternatifs de l'époque. Le groupe réagit en faisant un doigt d'honneur au jury. Loran dira plus tard dans un magazine « La tronche du jury quand on leur a annoncé qu'on n'en voulait pas de leur Bus. Qu'on n'en avait même rien à foutre ! ».



Ce coup d'éclat ne les empêchera pas de partir quand même avec le prix, qu'ils laisseront traîner une bonne année dans la boîte à outils de leur camion.
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# Posté le mardi 31 mars 2009 20:59

la séparation

la séparation
Mais tout bascula le 17 avril 1988, quand un groupe terroriste nommé « Black War » fait exploser les bureaux du président de la Chambre régionale des huissiers. La police accuse les milieux libertaires dont certains membres des Bérurier Noir font partie : ils sont accusés par certains médias et la police. Les accusations sont abandonnées le 23 avril, les personnes arrêtées relâchées, mais l'image du groupe est ternie, des organisateurs annulent leurs concerts. Après une tournée-éclair de 3 concerts en Suisse, le groupe décide de se séparer. Toujours dans un esprit festif et décalé, les Bérus décident de s'offrir un hara-kiri en fanfare.

Le groupe s'est donc "suicidé" en novembre 1989 lors de trois concerts d'adieu qui eurent lieu à l'Olympia (9, 10, 11 novembre) en partie à cause de problèmes avec leur Label « Bondage Productions », de l'enlisement des tournées épuisantes et de leur esprit exigeant d'indépendance, qui, outre les divergences sur des questions politiques notamment entre Loran et Fanfan, fut source de tension permanente au sein du groupe dans les derniers temps.

Durant 14 ans, les membres du groupe firent chacun leurs expériences en solo, tous dans des voies différentes, avec plus ou moins de succès. François a formé Molodoï et "François Béru et les Anges Déchus" ; plus radical, Loran créa Ze6, Tromatism puis A.D. (Division de la horde). Ces 14 années de silence sont jalonnées par la sortie, tous les cinq ans, d'un album posthume, qui relance à chaque fois des rumeurs de reformation.
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# Posté le mardi 31 mars 2009 21:09